Lecture analytique – Les Fenêtres - Baudelaire D: ce poème parle des fenêtres et de ce qu’elles cachent. Que nous apprend cependant le poète quant à ces fenêtres ? L’adresse à l’autre se double en effet d’une empathie, d’un mouvement d’émotions passant du lecteur au poète et du poète au lecteur, nous l’avons mentionné, que nous retrouvons dans cette phrase qui précise par quelle charge affective ce mouvement se conçoit. Elle renvoie tout à la fois à la « [fierté] » mentionnée, mais également à ce que l’écriture poétique comporte de matériau verbal façonné, de travail sur le son et le sens. ... mais en même temps Baudelaire revendique un statut de poète, créateur de son propre monde, tout à fait dépendant, comme s'il voulait reconquérir le monde. Il est passionné de lecture, et sa passion est telle que, lorsqu'il découvre le poème « Les Fenêtres » de Baudelaire, lui aussi agit et pense comme celui-ci. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». Prepare the analysi « [vivre] » puis « [souffrir] » sont des verbes à forte connotation émotive, ce sont deux réalités de l’être humain également, des composants inhérents à la vie de l’homme. Nous voyons en effet ici se mettre en place deux structures antithétiques, l’une opposant la « légende » à la « réalité », l’autre plaçant sur le même front d’opposition le « [vrai] » et l’imagination « Qu’importe ». La phrase suivante nous confirme cette recréation poétique du tout à partir du « rien », par la répétition en rythme quaternaire de la conjonction et du déterminant, « avec son ». Lisez ce Archives du BAC Analyse sectorielle et plus de 247 000 autres dissertation. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Nous nous trouvons face à une critique d’une poésie qui utilise le pathos pour émouvoir, qui satisfait aux exigences du public mais ne parle, finalement, que du poète, de sa douleur, feinte ou réelle, et de sa position poétique visant à toucher le lecteur. Analyse linéaire Les usines, Les Villes Tentaculaires de VERHAEREN. » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ? Analyse linéaire du poème Les fenêtres de Baudelaire. Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. [Rappel de la question et axes] De ce nouveau « tableau parisien » qu’il compose, Baudelaire fait une sorte d’apologue paradoxal où il montre que les fenêtres fermées sont plus intéressantes que les fenêtres ouvertes. À l’intérieur du gouffre, du néant, comme à l’intérieur du foyer protégé par la vitre, se jouent donc des traversées, des mouvements, du bruit et de l’action. L’attention portée au coucher enfin, suggère ce que nous imaginons être une journée de travail chargée, en miroir de celle de la vieille femme couchée sur son fardeau. Les verbes, de même, opposent les directions puisque « pencher » indique un geste interne, en mouvement de soi vers soi, tandis que « sortir » relève du geste externe, du mouvement de soi vers l’extérieur. Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?Cette prise en compte du lecteur se retrouve sous une forme plus contrastée dans un dialogue imaginaire où une question rhétorique avec concession «  Elle participe alors à la construction d’un espace esthétique, poétique et symbolique et ouvre la voie vers un jeu infini de possibles dialectiques. Charles Baudelaire est considéré comme l’un des plus grands poètes français.. Le texte de théâtre et sa représentation, Giraudoux, "Electre", Acte I, scène 8, analyse, Montesquieu, "De l’esclavage des nègres", lecture linéaire. Ainsi, dans Les Fenêtres extraites des Petits poèmes en prose, publiés en 1869, Baudelaire s'oppose à une tradition littéraire qui exalte une poésie du dehors pour en proposer une plus centrée sur des figures du quotidien que le poète glorifie. Il ne se contente ainsi pas de décrire un tableau mais le redessine à partir d’une simple esquisse. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie, Uniquement disponible sur LaDissertation.com, Analyse d'une poésie La Solitude de Baudelaire, Commentaire du poème L'Albatros de Baudelaire, Analyse De Charles La Fontaine De Sang de Baudelaire, strophe 3 Et 4, Commentaire Du poème L'Albatros de Baudelaire, Explication Du Poème: La Ballade Des Pendus de Villon, Explication du texte L'avarice de La Bruyère, Étude du poème La Muse malade de Baudelaire, Dm n°5 De Français sur les fleurs du mal de Baudelaire, Corrigé de la poésie Le vieux saltimbanque de Baudelaire, Commentaire De Texte sur le poème Le Spleen De Baudelaire, Dissertation explicative sur le poème L'idéal De Baudelaire, Explication sur les fleurs du mal de Baudelaire, SPINOZA Traité Théologico politique Chapitre XX Explication De Texte. Les Fenêtres par Stéphane Mallarmé - Duration: 4 ... Baudelaire, Les Fleurs du Mal - À une Passante (Commentaire analyse linéaire) - Duration: 15:46. poems: (1) “Les fenêtres” by Charles Baudelaire in Spleen de Paris XXXV, 1869. Baudelaire y décrit sa descente aux enfers et son tiraillement entre le spleen et l’Idéal, le sublime et le sordide. Puis le « geste », commun et singulier, « geste » qui accomplit et s’avère indispensable à l’humain, geste qui constitue aussi la personne dans ce qu’elle est, une gestuelle donc qui révèle, apprend, dévoile la personne qui la déploie. En utilisant le verbe « [refaire] » pour parler de l’écriture, il introduit l’image d’un travail sur le matériau verbal . Mais en lui, « dans lui », l’autre mouvement, celui de la « vie », s’étale sur trois propositions, par gradation descendante, une première proposition jouant sur la redondance « vit la vie ». by Guyaux and Scepi, pp. Mais en lui, l’autre mouvement, celui de la « vie », s’étale sur trois propositions, par gradation descendante, une première proposition jouant sur la redondance « vit la vie ». Je ne vois qu'infini par toutes les fenêtres, Et mon esprit, toujours du vertige hanté, Jalouse du néant l'insensibilité. Les fenêtres Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Notons ici que la vitre, par le jeu de ses prismes, multiplie aussi les points de vue. A partir du XIXe siècle, la poésie s'intéresse aux objets. Mais il va plus loin : il propose une réflexion qui dépasse l’anecdote du tableau insérée au cœur du poème en prose. (4) “Les fenêtres” by Guillaume Apollinaire in Calligrammes (1913-1916), 1918. Que pour voir du soleil sur les pierres, coller Les poils blancs et les os de sa maigre figure Aux fenêtres qu’un beau rayon clair veut hâler, Et sa bouche, fiévreuse et d’azur bleu vorace, Telle, jeune, elle alla respirer son trésor, Une peau virginale et de jadis ! Le regard du poète, posé sur cette vitre, s’en échappe pour investir le lieu et le temps alentours en les liant à l’objet de son attention. Que permettra cette observation alors ? Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », le mouvement intérieur, en métaphore, peut-être, de l’inconscient, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. La phrase débute ainsi par une envolée pour doucement s’achever sur un rapprochement syntaxique et humain : la « chandelle », c’est aussi ce qui regroupe les hommes autour de la lumière. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. à un objet architectural familier aux multiples déclinaisons esthétiques ou fonctionnelles : la fenêtre qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne puisqu’elle est source de luminosité, de visibilité, de communication, en même temps que frontière entre deux espaces mitoyens souvent antithétiques. Fleursdumal.org is dedicated to the French poet Charles Baudelaire (1821 - 1867) and his poems Les Fleurs du mal (Flowers of Evil). Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Il va même au-delà, en  proposant une réflexion qui dépasse l'anecdote du tableau inséré au cœur du poème en prose, et qui encadre la fenêtre, presque un art poétique, qui définit la nature et le rôle du poète : c'est un créateur de "légendes", qui prend en charge la misère du monde. À l’intérieur du gouffre, du néant, comme à l’intérieur du foyer protégé par la vitre, se jouent donc des traversées, des mouvements, du bruit et de l’action. Baudelaire consacre un de ses poème du recueil Le Spleen de Paris, dans la section « Tableau parisien » à un objet architectural familier aux multiples déclinaisons esthétiques ou fonctionnelles : la fenêtre qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne puisqu’elle est source de luminosité, de visibilité, de communication, en même temps que frontière entre deux espaces mitoyens souvent antithétiques. Mais à l’inverse de ces peintres, Baudelaire fait une sorte d'apologue paradoxal dans lequel il montre que les fenêtres fermées sont plus intéressantes que les fenêtres ouvertes. Though he continued to write journalism with some success, he became increasingly depressed and pessimistic. — Charles Baudelaire. encrasse D’un long baiser amer les … Réactions et incrédulité en face à face. Le mot « trou », malgré son apparente banalité et son rendu peu joli, offre une multiplicité d’associations, négatives. (3) “Les fenêtres” by Marie Krysinska in Rythmes pittoresques, 1890. ne jamais sortir des Nombres et des Êtres! Elle est également, dans la phrase suivante, mise en comparaison avec la lumière naturelle, celle du « soleil ». Parfum exotique - Charles Baudelaire (1857) - Analyse linéaire I. Présentation de l'auteur et du texte Les Fleurs du Mal, recueil de poèmes écrit par Charles Baudelaire, poète, critique d'art, journaliste et traducteur français du XIXe siècle, publié en 1857. Le regard du poète, posé sur cette vitre, s’en échappe pour investir le lieu et le temps alentours en les liant à l’objet de son attention. Read "Profil - Baudelaire : Petits Poèmes en prose Analyse littéraire de l'oeuvre" by Michel Viegnes available from Rakuten Kobo. Si la fenêtre se constitue en simple objet, elle est cependant parée de multiples possibilités de réflexion, - nous pensons ici à un jeu sur le sens du mot-, marquées donc par la gradation, mais également le choix des termes. (Voir mon analyse du recueil Les Fleurs du Mal) Le sonnet en octosyllabes «Alchimie de la douleur » est l’un des derniers poèmes de la section, « Spleen et Idéal ». Le titre antithétiquedes Fleurs du Mal, recueil le plus célèbre de Charles Baudelaire, sonne comme une provocation lors de sa publication en 1857. Le peu engendre ainsi l’infini des variations, des interprétations et des réécritures. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Que le poète les reprenne ici, cela peut signifier qu’il s’associe à la communauté des hommes mais que par son statut et son travail de poète, il puisse les incliner différemment : « fier », donc ayant accompli quelque chose de l’ordre de l’exploit ou de l’extraordinaire, il projette son savoir sur l’autre dont il a reçu l’enseignement : « avoir vécu et souffert », ce n’est pas tout à fait la même chose que de vivre et souffrir, cela implique une participation active, un participe passé du sentiment. Titre du recueil et titre du poème nous l’indiquent, nous entrons ici dans un genre nouveau, le poème en prose, avec un sujet, un thème, peu commun ou peut-être trop : « les fenêtres » objet trivial, support de tous les jours ; or, choisir un objet d’étude aussi singulier pour le poétiser revient à appliquer la poésie sur le mode mineur pour en donner une vision majeure. 159–66. C’est pourquoi les fenêtres sont très apprécié des peintres comme Vermeer avec « La Liseuse à la fenêtre » ou Rembrandt avec « Fillette à la fenêtre ». Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Le préfixe [re] nous indique également qu’il s’agit de produire une nouvelle fois, de reproduire donc, ou de réinventer. Et ce qui se joue derrière cette vitre unique s’avère en effet, une nouvelle fois, le centre de l’attention : « toujours moins intéressant » est ce qui se déroule à l’extérieur, dans la facilité d’angle de vue et dans la position confortable de l’observateur. (diffusion et reproduction libres avec l'obligation de citer l'auteur original et l'interdiction de toute modification et de toute utilisation commerciale sans autorisation préalable). Il ne s’agit plus seulement de la « réalité » de l’autre, de la « [vie] » et des « [sentiments] » de l’autre, mais de la sienne propre. La répétition du verbe « regarde », en symétrie de part et d’autre de la virgule, la répétition du démonstratif « celui », appuient sur les deux occurrences du mot « fenêtre », mises en opposition par le jeu de leur fonctionnement, « ouvertes » ou bien « fermées ». Le Spleen de Paris, also known as Paris Spleen or Petits Poèmes en prose, is a collection of 50 short prose poems by Charles Baudelaire.The collection was published posthumously in 1869 and is associated with literary modernism.. Baudelaire mentions he had read Aloysius Bertrand's Gaspard de la nuit (considered the first example of prose poetry) at least twenty times before starting this work. Analyse linéaire du poème de Baudelaire : Le crépuscule du matin Les Fleurs du mal, publiées pour la première fois en 1857, constituent une des œuvres majeures de Charles Baudelaire. • Présenter Charles Baudelaire et les « Tableaux parisiens », ainsi que le poème « Paysage ». © Tous les textes et documents disponibles sur ce site, sont, sauf mention contraire, protégés par une licence Creative Common > Baudelaire, Elévation Document envoyé le 18-06-2016 par Françoise Desmaison Lecture analytique du poème étudié dans le cadre de l'analyse de la section Spleen et Idéal des Fleurs du mal pour une classe de bon niveau. Mais ce qu’elle montre n’est pas toujours visible ou ne l’est que partiellement, aussi participe-t-elle d’un double jeu, entre exhibition et dissimulation, propre à servir de tremplin à l’imaginaire. Pascal had his abyss that moved along with him. Les fenêtres: 1: Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Le mouvement derrière la vitre, est, ce sur quoi doit se focaliser le regard, voire la narration. Description élogieuse marquée par la tournure exceptive qui met en valeur l’objet et par la gradation ascendante « plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant ». - Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? Mediaclasse.fr 38,372 views. Contre le néant, le « trou », s’improvise en effet la « vie », donc le plein, le rempli. Le regard dérive ce positionnement de l’intérieur vers l’extérieur puisque ce qui est observé « au soleil », sans délimitation stricte, sous un soleil quelconque et dans sa globalité éclairante, s’affine par le prisme du verre, « une vitre », avec déterminant défini, qui recentre l’attention en même temps qu’elle la dirige. Scribd is the world's largest social reading and publishing site. Lisez ce Littérature Commentaire de texte et plus de 247 000 autres dissertation. How to Read (Women in) Baudelaire’s Prose Poems Maria Scott Baudelaire’s prose poems present particular challenges to their female readers. La fenêtre, la réflexion du verre, permet l’imagination et la recréation d’un monde. L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le recueil de poèmes de Baudelaire. Par le jeu d’une construction en antithèses « trou noir ou lumineux », dont la position thématique est d’autant plus forte qu’il complète trois phrases syntaxiques juxtaposées dont le groupe nominal « la vie » est inversé, le mouvement intérieur, s’apparente à un vide, un « trou », avec un choix lexical construit également en antithèse. • Baudelaire, “Les fenêtres” (1869, p. 56). Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ces adjectifs réfèrent en effet à des qualités humaines plus qu’à la solidité ou l’utilité d’un matériau. Ce recueil en vers, censuré à … Notons ici le balancement en opposition de la « fenêtre ouverte », avant la coupure marquée par la virgule, avec cette « fenêtre fermée », qui clôt la phrase. … Cette « fenêtre » représente dans notre quotidien le support sur lequel la vue glisse mais ne s’arrête pas. Des deux interrogations naît l’impression que la poésie le révèle à lui-même bien au-delà d’une aide mais plutôt comme un prolongement de sa psyché interne, une sensibilité intrinsèque au poète comme à l’écriture, que cette dernière parvient à extirper, à adresser, permettant ainsi au poète d’exister en conciliant les deux. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Le syntagme « tout aussi aisément », par sa tournure soutenue, détonne cependant par rapport au reste du poème, tandis que le choix du temps verbal étonne par sa complexité. One recent article explores the ironic use of voice in one of Baudelaire…